Le barème kilométrique 2026 est reconduit à l’identique de 2025, sans revalorisation. Déclarer ses frais km 2026 ne pose pas de difficulté de calcul, mais les erreurs persistent sur trois points précis : l’articulation entre jours de télétravail et trajets domicile-travail, le traitement des déplacements mixtes (professionnel et personnel sur un même trajet), et la déduction de kilomètres déjà remboursés par l’employeur. Nous détaillons ici la méthode pour fiabiliser chacun de ces cas.
Frais km et télétravail : ajuster le nombre de trajets déclarés
La déduction des frais kilométriques repose sur le nombre réel de trajets domicile-travail effectués dans l’année. Un salarié en télétravail deux jours par semaine ne parcourt pas la même distance annuelle qu’un salarié présent cinq jours sur site. Déclarer un forfait de 228 jours travaillés alors que le planning réel en compte moins de 180 constitue une anomalie détectable en cas de contrôle.
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Nous recommandons de reconstituer le décompte à partir du calendrier réel : jours de présence sur site, congés, RTT, arrêts maladie et jours de télétravail. Seuls les jours de déplacement effectif ouvrent droit à la déduction. L’administration fiscale ne publie pas de nombre de jours « standard » opposable, ce qui signifie que le contribuable doit être en mesure de justifier son propre décompte.
Le carnet de trajets structuré (date, lieu de départ, lieu d’arrivée, motif, kilométrage) reste la pièce maîtresse. En cas de contrôle, c’est ce document qui permet de croiser le nombre de jours déclarés avec les jours réellement travaillés sur site.
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Cas particulier : alternance bureau et coworking
Un salarié qui travaille certains jours dans un espace de coworking plus proche de son domicile que son lieu de travail habituel doit distinguer les deux distances. La distance retenue pour le barème kilométrique est celle du trajet réellement effectué, pas celle du trajet théorique domicile-siège. Mélanger les deux dans un même calcul forfaitaire expose à un rejet partiel de la déduction.

Déplacements mixtes : isoler la part professionnelle du kilométrage
Les trajets domicile-travail sont traités séparément des déplacements professionnels ponctuels (rendez-vous client, formation, mission sur un autre site). Ces deux catégories de frais km obéissent à des règles différentes.
Les trajets domicile-travail peuvent être plafonnés à 40 km aller simple, sauf justification acceptée par l’administration (mutation, contrainte familiale, bassin d’emploi). Les déplacements professionnels ponctuels, eux, ne subissent pas ce plafond : le kilométrage réel s’applique intégralement.
L’erreur classique consiste à additionner les deux types de trajets dans une seule ligne de calcul, sans distinguer la nature du déplacement. En cas de vérification, l’administration peut requalifier l’ensemble et appliquer le plafond de 40 km sur la totalité, y compris sur des déplacements qui n’y étaient pas soumis.
Ce que le barème couvre et ce qu’il faut ajouter séparément
Le barème kilométrique intègre la dépréciation du véhicule, l’assurance, le carburant, l’entretien courant et les pneumatiques. En revanche, les péages et frais de stationnement ne sont pas inclus dans le barème et doivent être ajoutés en sus, à condition de disposer des justificatifs correspondants (tickets, relevés de télépéage).
- Péages autoroutiers : justifiés par relevé de télépéage ou tickets conservés, avec mention du trajet professionnel concerné
- Frais de stationnement : tickets horodateurs, factures de parking, avec date et lieu correspondant à un déplacement professionnel identifié
- Intérêts d’emprunt du véhicule : déductibles au prorata de l’usage professionnel, uniquement si le contribuable n’applique pas le barème forfaitaire sur cette composante
Remboursements partiels de l’employeur : éviter la double déduction de frais kilométriques
Un salarié qui perçoit des indemnités kilométriques de son employeur et opte pour les frais réels doit réintégrer ces remboursements dans son revenu imposable. Tout montant remboursé par l’employeur doit être soustrait du total des frais réels déclarés. Omettre cette étape revient à déduire deux fois la même dépense, ce qui constitue un motif classique de redressement.
Concrètement, le calcul se déroule en trois temps :
- Calculer le total des frais km selon le barème (distance annuelle × coefficient applicable à la puissance fiscale du véhicule)
- Ajouter les frais annexes justifiés (péages, stationnement)
- Soustraire l’intégralité des remboursements perçus de l’employeur au titre des frais de déplacement, y compris les primes de transport ou la prise en charge partielle d’abonnement remplacée par une indemnité km
Le solde net obtenu correspond au montant à reporter en case « frais réels » de la déclaration. Si ce solde est négatif ou proche de zéro, la déduction forfaitaire de 10 % sera plus avantageuse que les frais réels.
Indemnités forfaitaires versus remboursements au réel
Certains employeurs versent une indemnité forfaitaire mensuelle de transport, d’autres remboursent au kilomètre réel. Le traitement fiscal est identique : dans les deux cas, les sommes perçues doivent être ajoutées au salaire imposable si le salarié opte pour la déduction des frais réels. Nous observons que cette réintégration est fréquemment oubliée lorsque l’indemnité est libellée « prime de transport » sur le bulletin de paie, car le salarié ne l’identifie pas comme un remboursement de frais km.

Déclaration des frais réels 2026 : structurer le dossier justificatif
La déclaration ne demande qu’un seul montant global en case « frais réels », pas le détail trajet par trajet. L’administration attend en revanche que le contribuable soit capable de produire, sur demande, l’ensemble des pièces qui fondent ce montant.
Le dossier justificatif solide repose sur trois éléments : le carnet de trajets (date, départ, arrivée, motif, km), la carte grise du véhicule (pour la puissance fiscale retenue dans le barème), et les justificatifs de frais annexes. Un carnet de trajets incomplet ou reconstitué a posteriori perd toute valeur probante lors d’un contrôle.
Pour les salariés qui alternent télétravail et présentiel, nous recommandons de croiser le carnet de trajets avec le planning de télétravail validé par l’employeur. Cette concordance entre les deux documents renforce considérablement la crédibilité du dossier.
Le barème 2026 n’ayant pas été revalorisé, les coefficients appliqués restent ceux publiés l’année précédente. Vérifier la puissance fiscale exacte sur la carte grise (rubrique P.6) évite d’appliquer la mauvaise ligne du barème, une erreur qui modifie le montant déductible de plusieurs centaines d’euros sur une année complète.

